les lauréats

des albums des jeunes

architectes et paysagistes*

2014 créent le collectif

AJAP14.

*décerné par le Ministère de la Culture et de la Communication

 

Vision générationnelle

 

Nous, lauréats des Albums des Jeunes Architectes et Paysagistes 2014, avons décidé de faire corps ensemble, afin d’apporter une réponse collective aux défis soulevés par notre profession. Nos agences ont donc décidé de se regrouper. Notre acte, né de la volonté de partager moyens, références et culture commune, sera productif et fructueux. Nous voulons mettre en avant nos compétences nouvelles – la maîtrise intuitive des outils numériques, le travail en réseau, une attention renouvelée aux usages, la préoccupation sur l’origine et l’emploi des matériaux, l’adoption de principes bioclimatiques sans surenchères techniques – et notre capacité à proposer une forme de travail coopératif, susceptible de répondre aux enjeux sociétaux contemporains.

 

Optimistes prudents

 

Dans un article du Monde en date du 3 avril 2014, Jean-Jacques Larrochelle caractérisait notre position : « Les projets architecturaux des lauréats 2014 des AJAP, pour la plupart très éloignés du cœur des villes, se distinguent par une forme inédite d’optimisme prudent : ils sont moins spectaculaires ou démonstratifs, et moins isolés, plus complices de la nature et de l’univers bâti existant auquel ils se mêlent ou offrent de lumineuses ou intimes extensions. Ce retour – ce recours – à la simplicité porté par un vocabulaire constructif et technique puisant dans la tradition, plus ludique ou plus humble est somme toute dans l’air du temps […]. Les paysagistes adoptent la même modestie et semblent eux aussi jouer la carte de l’effacement plutôt que de l’intrusion, glissant parfois dans l’humus quelques notes d’humour. »

 

Evolution du rôle du maître d’œuvre

 

Considérant l’héritage de l’industrialisation capitaliste et de la modernité, nous désirons réfléchir et agir sur de nouvelles formes d’innovations, non technologiques, en s’appuyant sur la conviction partagée de notre utilité sociale. Cette volonté de cohérence, sincère et profonde, dépasse l’instrumentalisation du thème de l’écologie par le marketing urbain. Nos premières et fécondes expériences, qui nous ont permis d’être primés, nous incitent à élargir nos connaissances aux champs économiques et constructifs en substitution à la seule question formelle. Nous sommes convaincus que notre légitimité passe par la reconquête de nombreuses prérogatives et un recourt constant aux savoir-faire, ceux des entreprises artisanales ou industrielles, et surtout, ceux de nos disciplines architecturales et paysagères : le dessin, la maquette, la coordination, l’intégration collaborative des BET.

 

Emergence et horizontalité

 

Nous proposons un processus innovant pour travailler ensemble. La coordination et l’organisation du travail seront assurées par un comité représentatif. Dans un premier temps, cette instance se réunira en atelier. Ces réunions du groupement conjoint et solidaire, où chaque membre sera présent ou représenté, organisées sur deux ou trois jours, dans un espace de travail dédié à proximité du site, permettront de travailler de manière horizontale et transversale. Les décisions, prises de manière collégiale à rythme régulier, seront consignées à chaque étape du projet. Cette réelle progression itérative permettra de rendre compte et d’impliquer la maîtrise d’ouvrage dans le processus de réflexion et de création.

 

Spécialisation transversale

 

Chaque membre du groupement sera mobilisé suivant ces compétences, du pilotage de l’instance de décision, à la conception, au dessin des bâtiments, des espaces publics et paysagés, du mobilier urbain et de la signalétique, en passant par la coordination avec les BET. Cette forme de co-traitance maximisée stimulera les complémentarités et les points de vue croisés, afin de dégager un plan général et des caractéristiques génotypiques à décliner dans les différentes constructions. Cette volonté de faire émerger une proposition cohérente et unitaire, en alternative aux zac contemporaines « tutti frutti » et autres projets urbains convenus – qui sont trop souvent un catalogue d’architectures, de matériaux, avec peu d’urbanité – n’est pas une posture de façade, mais bien ancrée dans le processus de conception démocratiquement collaboratif.